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« Penser & faire le design ! »

Notre époque est-elle favorable aux audacieux ?

Audace, le mot est lancé à la Manufacture Design. La première saison a réunie quatre personnalités ont croisé leurs regards sur l’audace, moteur de leurs parcours. Une conférence orchestrée par l’agence et animée par Virginie Parisot, stratège globe-trotteuse et Alain Poirée, esthète-audacieux et communicant élégant.

Guillaume Poitrinal, plus jeune dirigeant du CAC 40 devenu entrepreuneur, co-fondateur Woodeum et ex-Président Unibail-Rodamco.
Cyril Aouizerate, philosophe-urbaniste et fondateur d’UrbantechMama Shelter et Mob Hotel.
Scarlette Chavinier Joubert, co-fondatrice de Marlette et passionnée de tout ce qui se mange.

Juan Arbelaez, chef colombien, qui vient d’ouvrir son huitième restaurant, Yaya, à la Halle Secrétan.

Quatre audacieux bien dans leur époque, pour clore l’exposition Liberté Pop Design, qui présente l’œuvre de Quasar Khanh, ingénieur génial et designer gonflé des années 70.

2019, notre époque est-elle favorable aux audacieux ?

Exagerer c’est commencer d’inventer* 
Après mai 68, tout devenait contestable, on voulait s’amuser, “jouir sans entraves*”, consommer peut-être mais avec du plaisir, du ludique. Les marques commençaient seulement à émerger, et ne cherchaient pas à plaire à tout le monde… Le marketing ne s’embarassait pas d’études lourdes, de test post ou pre. Internet n’existait pas. On ne demandait pas son avis à tout le monde. Car, il faut savoir se décider par soi-même pour être audacieux ! Le métier de désigner aide une marque à affirmer sa différence, à se rendre lisible, à se mettre dans les nouveaux usages des gens. Le designer ne peut durablement se satisfaire d’être dans l’air du temps. Pour plaire, il faut souvent surprendre et, pour marquer, il faut se démarquer.

United colors of design®
Aujourd’hui, tout se copie : aéroports, centres commerciaux, avions, compagnies aériennes qui proposent les mêmes repas, les mêmes sièges, le même film à bord. Les logos se ressemblent tous… À trop vouloir plaire à tout le monde, à trop vouloir être pluriel, les marques n’ont-elles pas perdu leur singularité, leur authenticité, leur fraîcheur ?

“Ça ne marchera jamais !”
Une boisson diablement anisée avec sa carafe en terre cuite ? “Ça ne marchera jamais !”. Un logo crocodile pour des polos ? “Ça ne marchera jamais !”. Une voiture à vivre ? “Ça ne marchera jamais !”. Des vins légers en alcool, légers en codes, légers en prix ? “Ça ne marchera jamais !”.

La nouvelle guérilla du designer
L’audace c’est la rupture. C’est prendre des risques. Alors est-ce encore possible aujourd’hui si l’on considère la taille des grandes multinationales, le poids des marchés, le nombre de consommateurs ? N’est-ce pas faire preuve de prudence que de rester dans le consensus ? Faut-il attendre d’aller mal pour être audacieux ? À vouloir trop plaire à tous, on plaît moyennement et l’on est vite dépassé par des marques plus agiles, et donc plus singulières. Innover, c’est franchir la peur. C’est apprendre vite les leçons d’une nouvelle idée car, aujourd’hui, on peut tester rapidement et en réel un nouveau produit, un nouveau service. Tester c’est écouter son public, le faire réagir et donc le bousculer dans son train-train. Les attentes des clients sont toujours en… attente. L’offre est toujours en retard sur les attentes, sur les attentes d’usages.
L’audace profitera donc au plus souple, au plus agile, au plus intuitif aussi, à ceux qui n’écoutent pas tout le monde. L’audace est la nouvelle guérilla du designer, non pas une grande guerre, parfois contre lui-même et contre l’avis de tous. Mais c’est la seule voie pour créer les usages de demain.

Bonus, retrouvez le meilleur des interventions de nos speakers en video.

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